Elles font une pellicule plastique avec des restes de fruits de mer

Deux étudiantes de l’École Polytechnique ont inventé une pellicule plastique à partir de carapaces de crabes, crevettes et homards qui est non seulement biodégradable, mais aussi antibactérienne.
Nouri Ardila et Mounia Akroun commencent avec de la chitosane, une fibre extraite de la carapace des crustacés généralement utilisée pour l’assainissement des eaux dans des stations d’épuration, surtout en Asie.
Cette poudre arrive dans leur laboratoire débarrassée de tous les résidus d’allergènes et décolorée pour éviter la couleur rouge qu’on connaît aux fruits de mer après leur cuisson. Elle est ensuite mélangée avec de l’eau et de l’acide acétique, équivalent du vinaigre, puis passée dans une machine qui évapore le liquide et laisse une pellicule fine.

Compostable

Le résultat ressemble de très près à la pellicule plastique de 0,03 mm que tout le monde utilise à la maison.

«Notre bioplastique n’est pas un polluant persistant comme le plastique normal puisqu’il peut complètement se dissoudre dans l’eau, explique Mme Akroun. D’ailleurs, les consommateurs pourront le composter eux-mêmes en le faisant disparaître dans de l’eau un peu acide à l’aide de quelques gouttes de citron.»

Doctorantes en génie chimique, les deux jeunes femmes sont spécialisées dans les nouvelles générations d’emballages antibactériens.
Mme Ardila, 35 ans, a quitté la Colombie pour Montréal il y a 5 ans. Mme Akroun, 32 ans, est arrivée d’Algérie il y a 7 ans.
Ces deux mères de famille ont choisi de faire équipe parce que «chaque fois qu’on travaille ensemble, on gagne un prix», dit Mounia Akroun.
Leur directeur de recherche, le professeur Abdelah Ajji, décrit le duo comme d’excellentes étudiantes et entrepreneures qui ont remporté plusieurs concours tels que «Ma thèse en 3 minutes», «Génie en affaires», la bourse Pierre-Péladeau et Technopreneur.
Elles disent qu’une compagnie canadienne, un gros joueur de l’industrie alimentaire, s’intéresse à leur découverte et y voit un produit économiquement exploitable. À ce stade, elles ne veulent toutefois pas la nommer.
Le produit pourrait coûter deux fois plus cher que la version plastique jusqu’à ce qu’il soit commercialisé à grande échelle.

Les deux étudiantes se concentrent sur le dépôt d’un brevet national avec un objectif identique: «rendre la planète plus propre».
L’impact de cette invention pour l’environnement peut être énorme. Le Programme des Nations unies pour l’environnement estime qu’en 2017, il y a plus de 8 millions de tonnes de plastique déversées dans les océans chaque année –l’équivalent d’une benne à ordures de plastique chaque minute.

Plus résistant

De plus, leur invention permet de réutiliser en majorité les cadavres de crustacés jetés. Les deux ingénieures chimistes disent aussi que les déchets de l’industrie de la pêche sont les 2es résidus les plus abondants de la nature après ceux du bois.
Les coéquipières doivent maintenant améliorer leur produit pour qu’il soit plus flexible et plus résistant. Selon Mounia Akroun, elles pourraient bientôt concevoir des sacs et, à plus long terme, des emballages rigides comme des Tupperware.
Avant de développer leur bioplastique, les chercheuses ont déjà travaillé en collaboration avec la firme pharmaceutique Axcelon afin d’expérimenter des pansements antibactériens avec les restants de crustacés. Cette compagnie canadienne continue de développer le produit.

Reblogué depuis Journaldemontreal.com

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