Le Monde Vert (3)

Dans le cadre de la journée mondiale de l’Environnement célébrée le 5 Juin, nous souhaitons revenir sur les défis du développement durable. Nous n’y arriverons jamais seuls. Dans le cadre de cette Journée, ils ont accepté de s’exprimer avec La Muse D’Or. Ce sont des aînés, des ami-es, des experts ou encore des analystes. Cet article qui suit est celui d’un acteur ivoirien du domaine,Benjamin IRIÉ. Son regard sur la problématique de la primauté de l’écologie sur l’économie

Remontons dans l’histoire

La conférence de Stockholm qui a lieu du 5 au 16 juin 1972 est le premier colloque mondial élevant la question de l’environnement au rang de problème international d’importance majeure.  Elle a donné notamment lieu à la création du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Par conséquent, depuis 1972, les questions environnementales sont prises en compte par l’Organisation des Nations Unies. A partir de ce moment, des protocoles et conventions relatifs à des sujets préoccupants ont eu lieu jusqu’aujourd’hui.

COP21, l’accord historique

La COP 21, la plus grande rencontre internationale s’est récemment tenue  au Parc des expositions de Paris-Le Bourget du 30 novembre au 12 décembre 2015 avec 195 participants (dont la Côte d’Ivoire).  Un accord international sur le climat a été obtenu et  prévoit une limitation du réchauffement mondial entre 1,5 °C et 2 °C d’ici 2100.  Il est à  noter que l’élévation de la température de la planète due en grande partie à la détérioration de la couche d’ozone stratosphérique est à freiner au moyen d’un changement des comportements humains surtout des plus grands pollueurs qui pour la plupart sont les pays industrialisés dont  les Etats-Unis, la Chine, l’Australie et l’Inde. Ainsi, la Cop 21 a été le cadre des négociations  qui visent à la fois à atténuer au niveau des pays, les émissions de gaz à effet de serre en prévoyant de faire évoluer les économies nationales, et à adapter les conditions de vie des personnes aux changements climatiques effectifs ou anticipés.

Les grands Défis de l’application de l’accord de Paris

A Paris, l’exemple de prise de conscience écologique est beau mais voici que les États-Unis d’Amérique deux ans après, surprennent le monde par leur retrait de la COP21. Comment justifier cette volte-face? Cet accord de Paris serait défavorable à l’économie américaine.  Alors, la problématique de la primauté de l’écologie  sur l’économie doit se poser. A nous en tenir à des études effectuées par diverses organisations nationales, internationales ou non gouvernementales compétentes en matière d’environnement, la Terre présente  un visage plutôt tuméfié. On citera celles de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ou Food and Agriculture Organisation (FAO) qui évalue à 13 millions d’hectares la superficie de forêt qui disparaît chaque année dans le monde; du PNUE, qui note une acidification croissante des océans; du WWF (Worl Wide Fund) qui souligne en outre qu’une cinquantaine d’états sont actuellement confrontés à un stress hydrique modéré ou grave. En termes plus concrets, c’est dire que le mauvais état écologique international actuel, dont les conséquences sur les populations humaines ne sont déjà que trop mesurables, oblige à effectuer un changement de paradigme politico-économique : la primauté de l’écologie sur l’économie. Au professeur Philippe Saint-Marc de dire : « C’est la conception du « progrès » qu’il faut remettre en cause ; la nature ne doit plus être sacrifiée à la croissance économique et sa protection doit cesser d’être une préoccupation mineure pour devenir un objectif fondamental de l’humanité (…) »

Que faire ?

Tout ceci interpelle la société civile internationale d’où notre organisation qui a pour mission de former les citoyens à la culture de la paix pour le développement durable. Aboutir à une conscience de paix qui intègre le comportement Écocitoyen. Que doit faire la société civile internationale pour ramener les USA à la raison quand elle est consciente comme le professeur Saint-Marc des dangers de la pollution de notre planète par les grandes industries : « L’espace est un et  les pollutions ignorent les frontières », c’est à cela que nous réfléchissons. La Lutte en Afrique ne perdra pas la marche d’ailleurs elle ne fait que commencer et nous promettons d’agir localement pour que cela ait un fort impact à l’échelle planétaire.

Benjamin IRIÉ est le Président Fondateur du MAFUP. Il est diplômé en Agronomie de l’Institut National Polytechnique de Yamoussoukro.

MAFUP, Mouvement de l’Amour Fraternel Universel pour la Paix né le 24 juin 2003 au siège de la commission nationale ivoirienne pour l’Unesco.

Le Credo du MAFUP est le manifeste 2000 de l’UNESCO pour la culture de la paix et la non violence qui prévoit de préserver notre planète.

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Le MAFUP de par son Président-directeur, Ingénieur et écrivain a fait des recherches pour trouver une méthode d’éducation à la culture de la paix pour le développement durable voir équitable
Son système éducatif est dénommé le Wassa et la méthode de formation, le Zagoulisme.. Ce système et cette méthode ont fait l’objet de la signature d’une convention avec le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle le 14 mars 2014.
Depuis cette date, le MAFUP conduit dans dix établissements du District Autonome d’Abidjan un projet éducatif en appui au système scolaire.
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Benjamin Irié au Lycée Jeunes Fille de Yopougon

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Très actif sur les réseaux sociaux quant à la promotion de son système éducatif et sa méthode de formation, les étudiants maliens par le canal de l’ambassade de la Cote d’Ivoire à Bamako au Mali, ont sollicité l’installation d’une antenne du MAFUP au Mali.
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Avec le Lycée Technique d Abidjan
Aujourd’hui, dans le cadre de la journée de l’environnement, le Président-directeur du MAFUP a produit un article en rapport avec sa mission de contribuer à la sauvegarde de notre planète menacée. L’objectif étant d’éduquer les plus petits afin que ceux ci se rapprochent davantage de la nature.

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Le Monde Vert (2)

Nous sommes à un jour, de célébrer la journée mondiale de l’environnement le 5 Juin. En principe, des gadgets et autres objets devraient être distribués ou encore commercialisés pour rappeler l’importance de cette journée de commémoration parce qu’elle est porteuse de changement positif. Cette journée, un geste symbolique devrait être le centre de nos échanges et de nos actions sociales ou communautaires. C’est pour cela que le rôle de la société civile est cruciale.

Il y a trois jours, le nouveau locataire de la maison blanche le Capitole, c’est à dire le nouveau président des USA Donald Trump, a annoncé le retrait de son pays de l’accord de Paris sur le climat. Un acte qui je pense n’a pas vraiment suscité les plus grandes surprises étant donné que l’annonce avait déjà été faite par ce dernier lors de sa campagne présidentielle. Nous savons tous que Trump est un Climatosceptique, cette classe de gens qui remettent en cause, le changement climatique et le rechauffement de la planète tels que décrits par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat GIEC. Pour ces climatosceptiques, le climat n’a pas changé, toutes ces rencontres sur le changement climatique qui appellent à l’abandon des énergies fossiles ne sont que du remue-ménage, des machinations pour casser les industries fossiles et réduire les retombées économiques que celles ci génèrent pour impulser le progrès.

Chers ivoiriens, vous qui ne vivez pas aux USA pour analyser scientifiquement la gravité de ces énergies fossiles sur la planète de façon concrète. Vous qui n’êtes pas dans les pays où l’impact du réchauffement climatique se ressent fortement; vous qui n’avez pas vécu à grandes coudées le phénomène El Niño qui a affamé plus d’un million de personnes et déplacé des millions de familles en Afrique (Ethiopie, Zimbabwe, Kenya pour exemple); vous vivez quand même dans des zones où vous avez senti de fortes chaleurs depuis des mois. Vous qui êtes dans des villes balnéaires comme Bassam ou Jacqueville constatez comment la mer avance et détruitdes habitations. Chez mon père à Grand Lahou, la mer bouffe la côte petit à petit et gagne du terrain.

Plutôt que de parler du réchauffement climatique à l’échelle macro, étasuniens ou onusien, constatons de plus près ce qui nous concerne. Constatons chaque jour ces ordures qui enflamment notre odorat, constatons ces sachets qui asphyxient la ville, constatons cette belle lagune qui sent, constatons ces eaux usées qui donnent un aspect dégoûtant à nos belles villes, constatons. Constatons. Constatons. Ai-je besoin de vous montrer des photos ? Vous les côtoyez à longueur de journée.

Je pense que l’engagement de chacun ne doit pas dépendre de si les USA ou la France ou la Russie s’engagent ou pas. Il s’agit de régler nos problèmes selon nos réalités. Le développement durable ce n’est pas les grandes questions scientifiques à n’en point finir. Il s’agit de penser certes globalement, mais surtout d’agir localement. Non pas pour suivre un certain ordre, mais pour faire quelque chose de bien pour nous, pour d’autres, pour la postérité.

Arrêtons de penser comme si le développement durable n’interpellait que les grands scientifiques. Cette question n’est pas la grande question ! Elle concerne le plus grand connaisseur au citoyen lambda que je suis. On n’a pas besoin d’être un super grand expert onusien pour comprendre que la propreté de l’environnement est un bien être. La sauvegarde du patrimoine par le respect, l’entretien et l’innovation est une leçon qui nous appelle tous. Peu importe ta carrure diplomatique ou ton rang social. Arrête de salir et de polluer. Nettoie là où tu vis et pense aussi en consommant, à tes enfants que tu es en train de mettre au monde.

A bon entendeur …

Siamlo Victoria

Une école atypique au cœur d’un quartier résidentiel Abidjanais

Abidjan, Riviera palmeraie ; à quelques encablures du carrefour Maci Canada de la célèbre rue Ministre, une cloche retentit. La minute d’après, des cris perçants d’enfants fendent le silence assourdissant et font disparaître instantanément le calme habituel de cette ruelle paisible.

D’où proviennent ces cris d’enfants dans ce quartier presque désert en ce jour ouvré ? L’interrogation est totale, la curiosité papable, le regard hasardeux, inquisiteur !

Un premier indice. Le drapeau tricolore, l’emblème de la Côte d’Ivoire, hissé sur un mât de bambou, flotte aux quatre vents, rivalisant d’ardeur avec les feuilles de manguiers et bananiers qui voltigent également à vive allure.

A mesure qu’on s’en approche, la clameur se fait précise. Tout d’un coup, un autre cri. Cette fois, d’un timbre différent : grave et menaçant !

« Monsieur Godé. Rétablissez de l’ordre et faites les entrer en classe !», martèle la voix.

Nul doute, c’est une école. Le mot classe, 2e indice, sonne le glas du mystère, mais l’intrigue demeure entière. Il faut franchir la porte pour assouvir ce désir brulant et tenace. Ça y est, c’est fait.

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L’unique porte d’accès à l’école primaire Epp Bananier-kro. Crédit photo : Jeff Amann

Derrière la porte crise ancrée dans un amas de briques noirâtres qui fait office de mur, le tableau est éloquent. Les élèves, reconnaissables de par leurs tenues, kaki pour les garçons et bleu-blanc carrelée pour les filles, tournent leurs regards vers l’unique entrée et sortie de l’enceinte. Le mouvement est synchronisé, l’image saisissante ! Les adultes ne sont pas en reste. Mais ils s’empressent de regagner les baraques qui leurs servent de salles de classes. Ils ne peuvent se permettre d’ignorer l’injonction de Hamed Sidibé, le fondateur de l’école.

Dans cette cour d’école à valeur de basse-cour, les poulets se précipitent dans l’arène à peine désertée par les enfants, pour se saisir des miettes afin de s’en délecter à l’ombre du feuillage luxuriant. Un bonheur qui profite également à Hamed Sidibé qui, depuis son bureau de fortune en plein air, explique son initiative de bénévole.

« J’ai démarré cette école par le bouche à oreille. J’ai demandé à une voisine de faire venir leurs enfants qui n’allaient pas à l’école pour que je les encadre, moyennant 1000 fancrs par enfants. Elle a adhéré à l’idée. La première année, 2011-2012, j’ai eu 20 enfants. Progressivement, je suis à environs 160 enfants cette année, répartis dans quatre classes. De la maternelle au CE », fait comprendre cet instituteur à la retraite qui s’est attaché les services de quatre enseignants.

Ce quartier…leur est préjudiciable ˮ

Du haut de ses 65 ans d’âge et 30 ans d’expérience dans l’Enseignement, ce nigérien d’origine malienne vit en Côte d’Ivoire depuis 17 ans.  Il s’est lancé de cette aventure pour aider ces enfants défavorisés qui n’ont pas accès à l’éducation en raison du standing du quartier qui les abrite.

« La Riviera palmeraie est un quartier résidentiel. La quasi-totalité des écoles sont privées et coûtent extrêmement chères pour ces gens. Vous imaginez 450 mille francs de frais de scolarité pour des personnes qui gagnent à peine 2000 francs par jour ! L’inscription au CP1 dans la seule école primaire publique (officiellement gratuite jusqu’à l’âge de 16 ans) s’élève à 35 000 francs. 85 élèves au CP1. Même si vous avez les moyens, il n’y a pas suffisamment de places. Ce quartier permet à ces gens de survivre certes, mais le niveau de vie leurs est préjudiciable.», se désole le sexagénaire avant de confier à nouveau, tout excité et fier.

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Hamed Sidibé, fondateur de l’école, assis à son bureau. Crédit photo : Jeff Amann

« Chez moi, c’est 3500 francs par enfant chaque mois. Les mêmes enseignements, le même calendrier : 3500 francs, avec possibilité d’échelonnement. Malgré cela, les parents ont du mal à solder. C’est difficile. Je ne bénéficie d’aucune aide extérieure. Pourtant ce ne sont pas les visites des ONG qui manquent. Mais les promesses sont sans suite. Il en est de même pour les démarches auprès des organismes spécialisés. Rien ! », soupire le cavalier servant.

Résolu à mener à bien ce projet d’aide aux enfants des familles défavorisées de la Riviera palmeraie, il travaille à la reconnaissance de son école, Epp Bananierkro (village de bananiers), avec statut d’ONG, sous le sigle SAAPE. Autrement dit, Structure d’Accueil et d’Appui à la Promotion de l’Éducation.

Mais avant cette consécration, Hamed Sidibé continue de donner de l’espoir à ces familles désœuvrées, en offrant à leurs enfants, un ticket pour la vie.

Un article de

Enfants d'Afrique

Abidjan, Riviera palmeraie ; à quelques encablures du carrefour Maci Canada de la célèbre rue Ministre, une cloche retentit. La minute d’après, des cris perçants d’enfants fendent le silence assourdissant et font disparaître instantanément le calme habituel de cette ruelle paisible.

D’où proviennent ces cris d’enfants dans ce quartier presque désert en ce jour ouvré ? L’interrogation est totale, la curiosité papable, le regard hasardeux, inquisiteur !

Un premier indice. Le drapeau tricolore, l’emblème de la Côte d’Ivoire, hissé sur un mât de bambou, flotte aux quatre vents, rivalisant d’ardeur avec les feuilles de manguiers et bananiers qui voltigent également à vive allure.

A mesure qu’on s’en approche, la clameur se fait précise. Tout d’un coup, un autre cri. Cette fois, d’un timbre différent : grave et menaçant !

« Monsieur Godé. Rétablissez de l’ordre et faites les entrer en classe !», martèle la voix.

Nul doute, c’est une école…

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Fatou Diome, tes vérités sont cruciales !!!

« Vous avez le droit et le devoir de connaître Fatou Diome. » Siamlo Victoria

Je l’ai découvert grâce à un amour, et depuis, je ne la quitte plus. Merci Collin pour cette Femme vive et intelligente que tu as fait entrer dans ma modeste vie. Car je sais qu’elle va contribuer à mon évolution et à l’affirmation de ce « moi » panafricain et humaniste auquel j’aspire tant. Fatou Diome a un bel esprit. Je vous propose de la suivre ici. C’est l’occasion vraiment de dire haut et fort qu’autant de femmes, ont le droit de gouter à la saveur de la liberté pour s’élever au dessus du bourbier de cette enfance pauvre en succès et en bonheur. Certes, Fatou n’aurait pas été celle qu’elle est aujourd’hui sans ses expéiences passées. Mais elle ne serait aussi pas ce qu’elle est en train de construire comme personnalité si l’école ne lui avait pas ouvert les bras au moment où toute l’Afrique des traditions obscurantistes la confinait et la rejetait.

Vive la culture, car avec Fatou Diome, l’on sait que la Culture c’est bien savoir, bien au delà de ce que l’on a apprit. Regardez.

Élément relayé par Siamlo Victoria

Source vidéo indiquée.

Fatou Diome « L’Afrique n’est pas pauvre, on l’appauvrit »

Quand on nous fait croire que la relève pour poursuivre la défense de l’Afrique n’est pas assurée, moi je souris et j’en ris même. Fatou Diome, cette femme sénégalaise de souche ne reniera jamais ses origines (Elle n’a pas le choix tout se lit sur sa peau d’ébène). Même si elle se sent française elle reconnaît que la dignité humaine et celle africaine sont encore des combats pour lesquels aucune naturalisation, n’est jamais assez grande; assez grande pour fermer notre cœur sur les ignorances et sur les douleurs de nos « miens ».  Vous qui êtes partis et qui avez oublié l’Afrique, Fatou Diome vous appelle avec la voix de Mariane! Car avec elle, Marianne porte plainte. Non pas pour se maintenir coûte que coûte dans une Europe qui veut la renier, mais pour vous défendre contre la balourdise des mondes hypocrites et haineux.

Mariane porte plainte contre vous: vous qui tuez l’humanité pour peu de pain et peu d’or…

Fatou Diome a plusieurs fois été l’invitée d’émissions en Europe. Dans celles ci, elle prend position et s’engage pour défendre des valeurs universelles de partage et d’humanisme.

CROIRE, AU POTENTIEL DU CONTINENT …

En 2012, 65% de sa population avait moins de 20 ans. Plus de 75% des jeunes, en situation de sous-emploi. Avec près de deux milliards d’habitants, l’Afrique tend désormais à devenir le continent le plus peuplé ces cinquante prochaines années. Classée continent de l’avenir par les organismes bancaires internationaux, plusieurs de ses pays avec leur démographie galopante, tentent de stabiliser leurs croissances. Les plus ambitieux essaient tant bien que mal de quitter la croissance intermédiaire, pour se placer à deux chiffres. De belles perspectives économiques, des indicateurs macroéconomiques positifs se distinguent dans cette mêlée de retard que plusieurs pays ont eu tendance à accumuler. Les indices bancaires, plus ou moins incertains il y a de cela quelques années, se (re) affirment. La croissance économique bondit. L’Afrique, plus que jamais consciente et confiante de ses ressources, veut se déployer dans toute sa force. L’Union Africaine et ses mécanismes d’appui redessinent de nouvelles perspectives. Avec le nouvel Agenda 2063, l’Afrique a réussi ! A être un continent intégré, uni, prospère, et totalement indépendant. Mais environs 50 années se profilent encore, avant le sacre de cette prédiction!

Puis, à l’horizon de ces ambitions, la franç(à)frique, le terrorisme, le tribalisme, la corruption … sortent leurs griffes. Enfin, vient la grande jeunesse. Celle-là même qui représente le sésame d’ouverture de cette Afrique de l’an émergent. Plusieurs d’entre nous souhaitent vivement voir jusqu’où elle capable d’aller.

Le Boeing Afrique « Air2016-an 2063 » s’est déjà positionné sur l’échiquier international, avec ses champions nationaux à bord qui n’ont peur de rien. Ils osent, prétendent, agissent … et surtout rêvent de déposer leur mastodonte sur le meilleur tarmac!

Avec un « potentiel branding » important et une signature africaine artistique imposante riche de sa diversité culturelle, les africains sont prêts à (re) faire l’histoire de leur continent. J’aime bien ce qu’ils entreprennent en chiffres non seulement, mais encore le résultat de leurs folies économique et artistique. Car pour créer des monuments qui vont marquer l’histoire de l’humanité il faut être un peu fou, n’est-ce pas?!

Siamlo Victoria, 16 septembre 2016.

 

8 Mars : Sornette d’alarme ou berceuse ?

« L’attention des parents pour les filles à l’école devra être égale à celle accordée aux garçons qui font toute leur fierté. Car, non seulement les femmes ont prouvé qu’elles étaient égales à l’homme à l’école quand elles n’étaient pas tout simplement meilleures, mais surtout elles ont droit à l’école pour apprendre et savoir, pour être libres. Dans les futures campagnes d’alphabétisation, les taux de participation des femmes devront être relevés pour correspondre à leur importance numérique dans la population, car ce serait une trop grande injustice que de maintenir une si importante fraction de la population, la moitié de celle-ci, dans l’ignorance ». Issu du discours de Thomas Sankara le 8 mars 1987 .

A l’heure où nous parlons de la journée internationale de la Femme célébrée le 8 mars, de nombreuses Femmes ignorent le sens exact de cette journée et son apport non seulement dans le développement socioéconomique et politique du monde et du continent africain, mais aussi dans l’épanouissement de la gent féminine. Le fait est que non seulement les Femmes ne connaissent pas l’origine de cette célébration, ne connaissent pas l’histoire de leurs luttes communes, mais encore elles sont détournées par le caractère festif que prennent toutes les journées commémoratives dites « journée de célébration ».

Je suis encore choquée de me souvenir de cette phrase le jour même du 8 mars 2017, de cette phrase que j’ai entendue sans cesse « Bonne fête de la Femme! ». Tous les hommes qui s’approchaient de moi, s’ils n’oubliaient pas que c’était le 8 mars, me lançaient à la figure : »Bonne fête de la Femme ». Non, mais ça veut dire quoi exactement  »Bonne fête de la Femme  » ? . Moi, je crois que cela ne veut rien dire. Car à mon sens, on ne célèbre pas la Femme ce jour là, mais plutôt  Les Droits des Femmes avec grand « D » et grands « F ».

Certes, de nombreuses omissions sont pardonnables. Certains par ignorance peuvent s’être trompés. Comme je le dis cela est 100% pardonnable. Mais l’impardonnable dans ce cas, c’est que les concernées elles mêmes se laissent éconduire. Et quand je parle des concernées, il s’agit bien des Femmes.

Combien de Femme, le 8 mars, ont envoyé des messages à leurs amies pour leur souhaiter « une excellente célébration du respect des droits des femmes? Je crois qu’elles sont aussi rares que celles qui savent pourquoi le 8 mars, des fleurs et des pagnes ne suffisent pas – sinon qu’ils ne suffisent plus – pour reconnaître que les femmes existent.

Oui, il existe une différence entre vivre et exister. Femmes, plusieurs d’entre vous ont les yeux fermés. Parce que toutes sommes préoccupées par d’autres choses, des choses vaines et éphémères sur l’in-éssentiel,  qui nous détournent de l’essentiel de notre histoire commune et à laquelle il manque beaucoup de crin de courage et de solidarité !

La journée du 8 mars doit sonner comme une alarme dans tous les pays où ils sont célébrés, mais jamais comme une berceuse pour attendrir les femmes ou choyer les hommes. Ce n’est pas la journée de la sympathie avec la femme (je pense fermement et sérieusement que 364 jours sont disponibles pour cela. Et si cela n’a pas été possible, ce ne le sera pas le 8 mars). C’est la journée où TOUTES les femmes sans exception doivent s’interroger sur l’année en ce qui concerne les questions de leur épanouissement. Ces questions là par exemple:

1- Suis je épanouie dans cette société que l’on traite de patriarcale ?

2-Suis je respectée en tant que Femme ?

3-Mon statut de femme a t’il été un frein dans l’atteinte de mes objectifs ?

-Qu’ai je pu entreprendre l’année précédente ? Qu’ai je construit de bien pour l’ensemble de ma communauté ?

-Ai je l’impression que les femmes vivent bien ou mal ?

-Combien de femmes battues sont de mon entourage ?

-Quelles injustices envers les femmes sont révoltantes et doivent m’interpeller ?

-La situation des femmes s’est t’elle améliorée sur le contient ?

Bref. Des questions qui devraient alerter les femmes. Le 8 mars est une journée où les femmes devraient se prendre très au sérieux et interpeller les hommes sur certaines attitudes désobligeantes, misogynes ou discriminatoires qui passent comme rien parce que personne n’ose en parler; des stéréotypes qu’ils ont dû avoir vis à vis d’elles.

Chères sœurs, la journée du 8 mars devrait effrayer les hommes et non leur faire rire ou sourire. C’est une journée grave en l’hommage de ces femmes révolutionnaires de l’an 1900 !!! C’est comme le jour du jugement dernier ou du procès délibératif. Comment imaginer que nous parlions par exemple de la commémoration de la mort ou de l’assassinat de Thomas Sankara, et que ses partisans se souhaitent « Très bonne fête ???!!!.

8 mars 2017

La journée du 8 mars doit sonner comme un procès dans toutes les consciences féminines. Un procès qui appelle à la barre les hommes à s’expliquer. Cette journée bilan du « ras le bol féminin » face aux exactions envers elles, est un grand procès où les hommes qui ont péché doivent sortir condamnés. Condamnés par la société féminine, condamnés par la conscience collective féminine ! Condamnés à être sevrés de douceur et d’indulgence. Certes, tous les hommes ne méritent pas le courroux des femmes. Et tous les hommes ne méritent pas la douceur de celles ci. Certains sont plus doux, plus compréhensifs et plus aidants. Leur amour est si grand, qu’on a envie d’avoir un homme à ses côtés toute sa vie de femme.

La journée du 8 mars, Femme, c’est une journée de crise. Où chaque regard féminin doit se faire dur et inquisiteur. Amère et fort. Intelligent et difficile. Mûr, et EXPRESSIF !

« VIVE LE RESPECT DES DROITS DES FEMMES », c’est ce que l’on devrait dire un 8 mars. Point. Et ce n’est pas influençable !

Siamlo Victoria

(Source photo: sanscompromis)